
Nouvelles Confluences revient pour sa 7ᵉ édition le dimanche 6 septembre 2026, toujours dans le bel écrin de Rosette, au Passage d’Agen.
Il est des matinées qui valent moins par les réponses qu’elles apportent que par les questions qu’elles permettent de poser. Dans un débat public saturé de commentaires instantanés, de prises de position définitives et de controverses qui s’enchaînent à la vitesse des réseaux sociaux, Nouvelles Confluences fait le pari inverse : prendre le temps de se parler, de confronter les points de vue et, surtout, de chercher à comprendre avant de chercher à convaincre.
Cette matinée d’échanges et de débats s’inscrit dans un moment particulier de notre vie démocratique. Les certitudes vacillent, les repères se déplacent, les formes de participation se transforment et la confiance dans les institutions semble chaque jour plus fragile. Jamais les citoyens n’ont disposé d’autant de moyens pour s’exprimer ; jamais, pourtant, le sentiment de ne plus être véritablement entendus n’a semblé aussi présent.
C’est précisément dans cet apparent paradoxe que se situe la démarche de Nouvelles Confluences : réhabiliter le temps du débat, celui qui accepte la complexité et ne réduit pas la démocratie à un affrontement de slogans.
La matinée s’articulera autour de deux tables rondes, deux entrées différentes mais profondément liées par une même interrogation : comment faire vivre la démocratie lorsque la relation entre citoyens, médias, réseaux sociaux et représentants élus est en pleine transformation ?
Pour nourrir cette réflexion, Gilles Finchelstein, secrétaire général de la Fondation Jean-Jaurès et auteur de La démocratie à l’état gazeux, apportera son regard sur une démocratie devenue plus fluide, plus volatile, plus imprévisible. Une démocratie qui se transforme, mais qui ne disparaît pas. Car derrière l’érosion des formes traditionnelles de participation se dessinent aussi de nouvelles manières de s’engager, de prendre la parole et de peser sur la vie collective.
La première table ronde posera une question devenue incontournable : les réseaux sociaux sont-ils les accélérateurs ou les fossoyeurs de la démocratie ?
En quelques années, ils ont bouleversé notre rapport à l’information, à la parole publique et au pouvoir. Ils ont offert à chacun la possibilité de prendre la parole, de mobiliser, de contester et de rendre visibles des voix autrefois confinées à la marge. Ils ont incontestablement élargi l’espace public.
Mais cette démocratisation de la parole a son revers. L’immédiateté favorise l’émotion, l’affrontement et parfois la simplification. Pour autant, faut-il condamner les réseaux sociaux ? Ce serait sans doute manquer l’essentiel. La véritable question est ailleurs : comment construire une démocratie de la conversation dans un univers où tout pousse à la réaction plutôt qu’à la réflexion ?
La seconde table ronde déplacera le regard vers un autre nœud de la crise démocratique : la relation entre les citoyens et ceux qui les représentent.
La question peut sembler provocatrice. Elle touche pourtant au cœur du pacte démocratique. Les attentes sont considérables, les exigences immédiates, tandis que l’action publique demeure soumise au temps long, aux contraintes budgétaires, aux compromis et à la complexité des réalités sociales.
Dans ce contexte, la déception est-elle devenue inévitable ? Les élus sont-ils prisonniers d’attentes qu’aucune politique ne saurait totalement satisfaire ? Ou bien cette déception révèle-t-elle une crise plus profonde de la représentation et de la confiance ?
L’enjeu sera là encore de sortir des procès d’intention.
Au fond, les deux tables rondes racontent la même histoire : celle d’une démocratie confrontée à une transformation de ses règles du jeu. D’un côté, des citoyens qui disposent d’une puissance d’expression inédite ; de l’autre, des représentants qui peinent parfois à répondre à des attentes toujours plus nombreuses et immédiates. Entre les deux, une question essentielle : comment recréer de la confiance sans nier les désaccords ?
C’est tout le mérite de cette matinée proposée par Nouvelles Confluences que de ne pas chercher une réponse définitive mais de proposer de retrouver le goût de la conversation.
Au plaisir de vous retrouver le 06 septembre.
Sophie Borderie
Présidente de Nouvelles Confluences